En 2009 en arrivant au Portugal ma tension artérielle était tellement haute que le médecin a souhaité que je prenne des cachetons pour contrôler tout ça. La conversation n’a pas duré 10 minutes, il ne m’a pas demandé ce que je mangeais, ni comment je vivais, comment je me chaussais, comment je respirais, etc… Non, il m’a juste « ordonné » de prendre des médicaments chimiques, que je n’ai pas pris.
Le dermatologue en 2010 m’a fait le même coup : « effectivement, vous avez de l’acné, reprenez donc une petite dose de roaccutane, merci au revoir, personne suivante svp ». D’où vient mon acné ? Je n’en sais toujours rien, mais qui est-ce que ça intéresse ?
En 2013 j’ai commencé à retirer mes chaussures, à respirer par le nez (même en sprint, au moins pour l’inspire), à m’asseoir accroupi, en tailleur, en seiza, j’ai arrêté le coca, les haribo, le sel raffiné, la bouffe industrielle, les gros oreillers et les matelas moelleux, les douches chaudes (à part en plein hiver). Petit à petit j’ai arrêté de me faire des blessures en course à pied, j’ai progressé, sur la vitesse, sur la distance, mais surtout sur la fluidité, chose plus difficilement mesurable…
Hier, ma tension a été mesurée à 120 / 75. Pour la première fois de toute ma vie le docteur n’a pas dit « c’est un peu haut » ni « c’est beaucoup trop haut », il a juste dit « pile poil comme il faut » (et en français, quelle classe !).
Il se trouve que des études suggèrent que la marche pieds nus sur des cailloux aide à réguler la tension artérielle de manière bien plus efficace que la marche chaussée sur du goudron. (Je n’aime pas les études, on peut leur faire dire ce qu’on veut, mais quand elles vont dans le sens de mon propos je ne me gêne pas pour les citer et nourrir mon argumentaire avec. Ne jamais croire un type qui vous sort des études scientifiques pour vous convaincre de quoi que ce soit ^^).
Ce docteur de 2009 ne m’a rien expliqué, ni du corps ni de l’esprit. Il m’a fait croire que mon hypertension était le problème et m’a proposé une réponse chimique et ciblée pour le résoudre. Je l’ai presque cru, la figure du médecin derrière son beau bureau, son stylo Mont-Blanc, son diplôme reconnu par le système, c’est ainsi… Mais le fait est que les choses sont autrement différentes. Mon hypertension n’était absolument pas le problème mais bel et bien le signal visible et quantifiable d’une utilisation déboussolée de mon corps, déboussolant logiquement mon esprit. L’être humain, un système ultra-complexe et profondément déséquilibré (par la chaussure, le sucre, la chaise, etc…) que l’on prétend réparer par l’injection d’une ou deux molécules de synthèse.
Prendre des pilules pour régler le problème c’est comme mettre des chaussures pour éviter de se faire mal aux genoux et au dos : c’est étouffer les signaux que nous envoie le corps, et se permettre de continuer à faire n’importe quoi.
Au mois de février j’ai hébergé ce Coréen qui voyageait à vélo. Le type avait bossé 10 ans pour une boite suisse de médicaments (celle qui fabrique le roaccutane ? je ne sais plus). Il était payé pour faire du lobbying auprès des médecins et des pharmaciens afin que ceux-ci refourguent la came à leurs clients pigeons toxicos patients. Il garde de cette expérience une amertume certaine.
Il ne s’agit pas de santé, ni de bien-être, le système ne fonctionne qu’à travers le business, la chaussure comme le cacheton.Les vraies réponses ne coûtent rien, c’est bien pour ça que personne n’a intérêt à nous les proposer.
















New York – 1900













